En 1941, Jean-Paul avait repris goût à la vie après le décès prématuré de sa première épouse. Il était vendeur chez Paul Bélanger et il avait un « certain intérêt » au restau-
rant Ti-Blond Lafontaine où il allait souvent pour ses pauses-café. Une jeune fille attirait son attention…Simone Bélanger se souvient : « Plus les rencontres se multipliaient, plus il avait envie d’y aller souvent, même durant les heures de travail ! Nous savions toujours où le trouver. Quand arrivait un client, nous téléphonions au restaurant et demandions à Jean-Paul de venir servir son client éventuel. »
Laurette et sa soeur Marie-Paule travaillaient au restaurant. Elles et les autres filles du village étaient impressionnées par les belles manières, l’assurance paisible et la philosophie de vie de Jean-Paul. Une certaine demoiselle Lambert avait même déclen- ché « la course au trésor » en annonçant que ce serait elle qui l’aurait éventuellement.
Il faut dire que Jean-Paul confondait les deux soeurs. Il s’informait aux autres serveuses de l’horaire de travail de Marie-Paule quand il voulait en réalité rencontrer Laurette.
Un soir, voulant aller au cinéma, il avait fait demander par le frère de Marie-Paule (Lionel) si cette dernière voulait l'accompagner aux petites vues. Elle n’était pas libre et c’est Laurette qui l’avait escorté ce soir-là. Ce fut le début. Laurette se souvient qu’il portait un pantalon jaune, retenu par des bretelles.
Lors d’une de leurs premières rencontres, Jean-Paul avait acheté un billet de tirage. Quelques semaines plus tard lorsqu’il apprit qu’il avait gagné, il envoya à Laurette la moitié de son prix : 5 $. Il y avait joint un petit poème de sa composition. Laurette se souvient encore de chaque mot !
Quand elle avait appris que Jean-Paul était veuf, Laurette avait eu quelques doutes et quelques inquiétudes. Fréquenter un veuf n’était pas bien vu par bien des gens. Son amour grandissant avait cependant triomphé des racontars.
« Je me souviens de la bonne impression que Jean-Paul avait faite quand il est apparu et que leur amour s’était affermi durant les mois suivants. Laurette travaillait au Café Albert et tous les deux nous rendaient visite le dimanche. Nous étions toujours heureux de les accueillir au rang 10. Laurette était toujours bien coiffée. Elle portait ses cheveux semi-longs bouclés; c’était la mode et très joli. » (tante Marie-Paule)
Ils formaient un beau couple qu’on admirait beaucoup. Petit
à
petit, Laurette commença à faire son trousseau…